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Le prisonnier de Mallast

Auteure : Nicole Cabanié

Cette nouvelle, hors concours, est l’œuvre de la vice-présidente de l’association « Ecriv’art », organisatrice du concours de nouvelle.

6 novembre 1355.
— A peine les malheurs portés par la peste sont-ils derrière nous qu’un grave danger menace à nouveau Carcassonne.
— Je ne crains rien pour nous, à la Cité. Le Pince Edouard est impatient de conquérir toutes les provinces de France. Il n’entreprendra pas un siège ici, trop long. Il va s’attaquer à la Bastide La Bastide : la ville basse de Carcassonne
déjà dépeuplée par l’épidémie.
— Le temps presse, il faut faire monter le plus d’habitants possibles derrière nos remparts. Ils y seront à l’abri.
— Placez des gardes à toutes les échauguettes et des hommes en armes à la Barbacane. Nos gens arriveront par là. Nous les protègerons si nécessaire.
— Cette guerre ne finira donc jamais ! On dit que même les enfants de nos enfants n’en verront point le terme. Que le ciel nous protège. Je cours faire exécuter vos ordres, Monsieur le Sénéchal.
Dans la cour du château, une foule inquiète est rassemblée, attendant des nouvelles de cette armée que l’on dit nombreuse et féroce. La personnalité de ce Prince Noir, ainsi surnommé, à la tête de cette troupe est forcément à l’origine de cette inquiétude. Tant de bruits courent sur son compte.
On le dit cruel, impitoyable même ; on en parle comme d’un génie militaire ; on le décrit tantôt comme un surhomme doté de pouvoirs extraordinaires, d’une stature de géant… tantôt comme un vaurien, un mécréant, un sale anglais capable de tous les méfaits.
Le Prince Noir ! Toujours revêtu d’une armure sombre, le visage dissimulé derrière son heaume.
Qui, dans notre douce France, peut se vanter de l’avoir déjà vu à découvert ?
On n’est d’accord que sur un point : Il fait peur !
Les femmes, dont certaines portent de jeunes enfants ont été les premières à venir s’informer. Parmi elles, deux jeunes filles aux vêtements colorés questionnent fébrilement toutes celles qui les entourent. Face à l’imminence du danger, l’une d’elles est particulièrement soucieuse.
— Jehanne ! Avez-vous vu Jehanne ?
— Quelqu’un sait-il où elle est allée ?
— N’avez-vous pas croisé Jehanne ?
— L’avez-vous aperçue ce matin ?
— Enfin, une gamine délurée leur répond :
— Elle descendait à la Bastide, elle m’a donné un bout de fouace.
— Sais-tu où elle se rendait ?
— Vers l’église Saint-Vincent, je crois
— Merci, fillette. Ce doit être çà, car elle devait quérir une pièce de drap fin pour notre hôtesse.
— Allons, il faut la retrouver au plus vite.
Marguerite, la sœur aînée de Jehanne prend les devants. Orphelines depuis plusieurs années, c’est elle qui a pris soin de sa cadette. Elle se fait encore du souci pour elle bien qu’elle vienne de fêter ses vingt ans.
Esclarmonde qui tente de ne pas se faire distancer n’est peut-être pas une véritable amie. Elle est jalouse et ne peut s’empêcher de faire obstacle aux sentiments qui lient la jeune Jehanne à Florentin, le troubadour expérimenté qui dirige leur petite troupe de baladins. Le voici justement qui sort de la taverne. Il s’étonne de leur précipitation et leur emboîte le pas dès qu’elles lui en ont indiqué la raison.
Marguerite est bien aise de l’avoir auprès d’elles, on ne sait point quel danger l’on peut trouver sur son chemin, en ces temps de désordre.
A la même heure, Jehanne franchit le porche de l’église Saint-Vincent. Elle vient d’y faire une prière en sortant de chez le drapier.

... la suite est à découvrir dans le recueil de nouvelles « La Vigneronne » >>

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