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Tout individu en état de rébellion sera abattu comme un chien

Auteur : Baptiste Schricke

Considérez-vous que l’étrange vient parfois se mêler à la grande histoire ? Vous pourrez peut-être alors comprendre les tristes évènements auxquels le destin m’a confronté en cette journée froide de février 1939. Et sinon, je resterai seul avec cette histoire, et elle pèsera sur mes souvenirs chaque fois que je fermerai les yeux.

Je fus très étonné par la totale incompréhension que ma hiérarchie afficha au sujet des raisons données dans le rapport que je leur remis et qui justifiaient mon échec à retrouver la trace de Gabriel Alonzo Gonzales. Je ne fus pas compris ; mais peut-être ai-je été mal lu. Je tiens ici, un peu comme une confession pour moi-même, à préciser certains points qui auraient pu rester obscurs.
Voilà les faits. Il y a quelques mois, la sûreté nationale me confia la mission d’enquêter sur la disparition d’un homme que l’on soupçonnait d’évasion du camp de Montolieu dans l’Aude. C’était une évasion comme il y en avait des centaines.
Notre époque est sombre et mon métier est terrible. Un raz-de-marée hétéroclite de communistes, d’anarchistes et de miliciens en tout genre venait de se répandre en France. Ils fuyaient à travers les montagnes une guerre qu’ils avaient perdue contre le restaurateur espagnol d’un État fort. Sous couvert des conventions internationales, la France les accueillait, et moi, je me demandais bien pourquoi on ne les renvoyait pas simplement chez eux. Ce qui perdra sans doute la France, c’est son absence d’autorité ; comme ailleurs en Europe, il nous faudrait un homme fort qui ne tombe pas dans le piège de la sensiblerie, pensai-je alors.
À la préfecture de Carcassonne, je rencontrai le commissaire spécial à l’internement des indésirables. Il me décrivit le village de Montolieu comme un trou perdu au milieu de la Montagne Noire et m’indiqua ce que je savais déjà, à savoir que le camp était réservé aux intellectuels, aux artistes et fonctionnaires compromis dans la République. Je compris alors l’enjeu de ma mission quand il m’indiqua que l’évadé pouvait être en réalité Lluís Companys, le président de la Catalogne réfugié en France et que les Franquistes recherchaient.

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